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Une nouvelle étude prouve l'efficacité pour arrêter de fumer, mais quel est l'impact sur la santé ?

Une nouvelle étude prouve l'efficacité pour arrêter de fumer, mais quel est l'impact sur la santé ?
D'après une étude parue mercredi dans le New England Journal of Medicine, les cigarettes sont presque deux fois plus efficaces que les produits de substitution contenant de la nicotine, comme les patches ou les chewing-gums. Mais qu'en est-il des effets sur la santé ?


Depuis la popularisation des cigarettes électroniques, nombreux sont les fumeurs à s’être tournés vers ces appareils à vapeur dans le but de diminuer, voire d’arrêter leur consommation de tabac. Si vous avez sûrement un proche qui a atteint son but par ce biais, personne ne savait si cela fonctionnait vraiment, de façon globale. Personne, jusqu’à maintenant. Car une équipe de chercheurs britanniques vient de prouver, dans une étude menée sur 886 fumeurs et publiée mercredi dans le New England Journal of Medicine, que les e-cigarettes étaient presque deux fois plus efficaces que les produits de substitution contenant de la nicotine, comme les patches ou les chewing-gums.

En décembre dernier, l'APHP a également lancé une enquête nationale sur l'efficacité des e-cigarettes dans le sevrage tabagique. Les conclusions ne sont cependant attendues que dans quatre ans. Mais, si ces résultats donnent du crédit à cet outil, qu'en est-il de ses effets sur la santé ? D'après les différentes études effectuées sur le sujet, ils ne semblent pas très favorables.

Des risques d'AVC, d'angines et de maladie coronarienne détectés

L'une d'elles, relayée cette semaine dans les médias américains, sème ainsi le trouble. Alors que le nombre de fumeurs de e-cigarettes a explosé ces dernières années, des chercheurs de l'université du Kansas ont cherché à savoir quels risques les utilisateurs étaient susceptibles d'encourir. En analysant les données de 67.000 vapoteurs réguliers et de 350.000 personnes qui ne s'étaient jamais servi de cigarette électronique, provenant de l'enquête annuelle des Centers for Disease Control and Prevention, ils ont conclu que les vapoteurs avaient un risque plus élevé que les non-fumeurs de souffrir ou d'être victimes d'un accident vasculaire cérébral, d'angines et de maladie coronarienne.

L'auteur de l'étude - qui sera présentée le 6 février prochain lors de la conférence internationale sur les AVC organisée par l'American Stroke Association - Paul Ndunda, précise cependant à Newsweek que si celle-ci établit bien un rapprochement entre la cigarette électronique et les maladies cardiovasculaires, elle ne prouve pas de lien de causalité. De plus, la consommation de vapeur et de tabac n'a pas été quantifiée. Impossible, donc, de savoir à partir de quel seuil vapoter deviendrait dangereux.

Les cigarettes électroniques ne sont pas inoffensives pour la santé cardiovasculaire

Aruni Bhatnagar, co-directeur de l'American Heart Association Tobacco Regulation and Addiction Center

N'en reste pas moins qu'en juillet dernier, l'American Heart Association alertait déjà, en citant une autre étude, sur les risques cardiovasculaires que fait encourir l'usage de la cigarette électronique. En étudiant la production d'oxyde nitrique, des molécules qui aident à protéger les vaisseaux sanguins et à contrôler la pression sanguine, ils se sont aperçu que celles-ci étaient moins nombreuses chez les fumeurs, tout comme chez les vapoteurs, comparé aux non-fumeurs.

"L'industrie du tabac insiste pour dire que les e-cigarettes sont plus sûres, mais cette étude démontre et soutient l'idée que les cigarettes électroniques ne sont pas inoffensives pour la santé cardiovasculaire, assure Aruni Bhatnagar, le co-directeur de l'American Heart Association Tobacco Regulation and Addiction Center. Des effets significatifs sur les vaisseaux sanguins pourraient être associés à une utilisation sur le long terme de la e-cigarette." Nouveau bémol cependant, cette étude n'a été menée que sur trente-six personnes...

Des vapeurs responsables de certains cancers ?

En janvier 2018, une autre étude, réalisée cette fois à l'université de New York, affirmait après des essais effectués sur des souris et des cellules humaines en laboratoire, que le vapotage pouvait non seulement accroître le risque de maladies cardiaques, mais aussi de certains cancers. Les rongeurs avaient été exposés pendant douze semaines à la vapeur de nicotine, soit l'équivalent de dix ans de vapotage pour les humains. Au bout des trois mois, les chercheurs avaient constaté des dommages dans l’ADN des cellules des poumons, de la vessie et du cœur des souris, ainsi qu’une baisse du niveau de protéines réparatrices des cellules dans ces organes, comparé aux souris de référence qui avaient respiré de l’air filtré pendant la même période. Des effets similaires ont été constatés sur des cellules humaines de poumon et de vessie.

L'année précédente, une étude de scientifiques de l’University College London (Royaume-Uni) avait au contraire conclu que l’e-cigarette aidait les fumeurs à diminuer les concentrations de certains produits chimiques cancérogènes présents dans leur corps. Pour ces recherches, 181 avaient dû fournir des échantillons d’urine et de salive.

Beaucoup d'études mais des conclusions difficiles à tirer

Depuis son apparition, les études se multiplient sur la cigarette électronique, avec des résultats plus ou moins favorables. Difficile, donc, de faire la part des choses. C'est pour cette raison que les Académies américaines des sciences et de médecine se sont emparées du sujet et ont publié en janvier 2018 un rapport après l'analyse de 800 études scientifiques consacrées à la e-cigarette. En pesant les pour et les contre, elles ont conclu que "la cigarette électronique ne peut pas simplement être jugée bénéfique ou nocive". Néanmoins, "dans certaines circonstances, les effets néfastes des cigarettes électroniques sur la santé des adolescents et des jeunes adultes ne fumant pas de tabac justifient sans aucun doute des inquiétudes", précisait David Eaton, le directeur de cette recherche, en évoquant notamment des cas d’aggravation de l’asthme et d’apparition d’une toux ou d’une respiration sifflante.

Le rapport des Académies américaines des sciences et de médecine pointait aussi le manque de recul sur le sujet et le fait que la grand majorité des études puisse être biaisée par l'ingérence des lobbies du tabac et du e-tabac.

L’utilité de la e-cigarette reconnue en France

En France, et alors que près de 2 millions de personnes utiliseraient quotidiennement la cigarette électronique, elle est considérée depuis le rapport de la Haute Autorité de Santé (HAS) sur le sujet, qui date de 2014, comme pouvant être utile pour "pour arrêter ou réduire la consommation de tabac des fumeurs". Elle peut même être considérée comme un médicament s'il existe une revendication de l’aide au sevrage tabagique ou que la teneur en nicotine du eliquide est supérieure au seuil fixé pour les produits de vapotage (20 mg/ml). Sur son site, Tabac info service, affirme que la e-cigarette "réduit voire supprime les risques de maladies graves comme le cancer." "Elle est donc beaucoup moins nocive que la cigarette classique, même si d’autres risques seront peut-être identifiés dans les années à venir."


Source : LCI
voopoo

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