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Les traitements anti-tabac vont être remboursés sauf la vape

Les traitements anti-tabac vont être remboursés sauf la vape
Avec 73.000 morts par an, le tabac reste l'une des causes majeures de décès en France. Le gouvernement souhaite accélérer la prévention anti-tabac, notamment en remboursant les substituts nicotiniques. Et la vape, à quand son tour ? «Fausse bonne idée», répondent les spécialistes.

Pour le Premier ministre, Édouard Philippe, et la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, pas de doute : la France doit renforcer son arsenal préventif, notamment en matière de lutte contre le tabac. Il provoque, chaque année en France, la mort de 73.000 personnes. Lundi, à Paris, en présentant leur Plan prévention santé (doté de 400 millions d'euros sur cinq ans), ils ont notamment annoncé le remboursement des traitements antitabac « comme n'importe quel médicament ». Cette prise en charge remplacera le forfait de 150 euros par an qui couvre actuellement les substituts nicotiniques (patchs, gommes, pastilles...) prescrits sur ordonnance. Si l'on ignore encore à quel taux ces traitements seront remboursés, on sait que le premier produit concerné par cette mesure sera le générique de la gomme à mâcher Nicorette, Nicotine EG (fabriqué par EG Labo), dès ce mercredi. Nicorette (Johnson & Johnson), Nicopass (Pierre Fabre), Nicotinell (GSK) et Niquitin (Omega Pharma) devraient suivre.

Une question se pose alors : pourquoi ne pas imaginer que la « vape », autrement appelée « cigarette électronique » (même si ses partisans s'opposent à cette appellation, tant elle est éloignée de la cigarette), dont on sait l'efficacité pour lutter contre le tabagisme, ne soit pas elle aussi prise en charge par l'assurance-maladie ?

Une circulaire européenne y pensait déjà en 2013

« Fausse bonne idée », répondent en substance les promoteurs du vapotage, et les spécialistes en tabacologie. « L'idée avait déjà germé, en 2013 au niveau d'une directive européenne qui souhaitait confier le marché de la vape aux officines pharmaceutiques, rappelle Jacques Le Houezec, tabacologue et conseiller en santé publique. Mais il y avait eu une levée de boucliers, parce que l'on pense précisément qu'il ne faut pas médicaliser la démarche de la vape ». Pour le spécialiste, 80 % des ex-fumeurs arrêtent le tabac sans aide médicale, simplement par eux-mêmes, et dans l'immense majorité, la vape leur convient. « Pour cette cible-là, c'est l'alternative idéale, la plus efficace », poursuit Jacques Le Houezec.

Associée au plaisir, pas à une démarche médicale

« Si le fait de vapoter fonctionne si bien pour arrêter le tabac, c'est précisément parce qu'il est associée au plaisir, développe le pneumologue Bertrand Dautzenberg. Or ce n'est pas du tout la même démarche d'aller en pharmacie acheter un médicament antitabac, que d'aller choisir sa cigarette électronique et ses arômes en magasin ». Néanmoins, pour ce professeur de médecine, souvent les deux sont complémentaires : « Il y a des personnes qui vapotent, mais qui complémentent avec des patchs lorsqu'elles sont en avion, par exemple, ou au tout début de leur sevrage tabagique. Il ne faut pas opposer les différentes solutions. »

« Un discours clair plus qu'une prise en charge »

Pour Jacques Le Houezec, d'un point de vue économique, « tout le monde est gagnant » avec la vape : « Cela coûte nettement moins cher que le tabac : on peut facilement diviser par dix ses dépenses mensuelles. Et cela ne coûte pas un sou à la société ». Ce que réclament ses promoteurs, c'est avant tout un « discours clair et encourageant » de la part des pouvoirs publics. Mais pour l'heure, ceux-ci se tiennent plutôt sur une position neutre, contrairement au Royaume-Uni qui, elle, promeut clairement la cigarette électronique. Sans la rembourser pour autant.


Source : Le Télégramme
voopoo

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