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Retour des zones fumeurs au lycée ?

Retour des zones fumeurs au lycée ?
Pour éviter les attroupements devant les établissements, le ministre de l'Education nationale se dit prêt à laisser aux proviseur la latitude d'aménager des espaces fumeur à l'intérieur. Proviseur du lycée du Parc à Lyon, Pascal Charpentier voit beaucoup de points positifs à cette mesure.

Pascal Charpentier, proviseur, est aussi secrétaire du Syndicat national des personnels de direction de l'enseignement supérieur (SNPDEN).

" J'ai créé une zone fumeur très rapidement après les attentats de novembre 2015, parce que l'on était en état d'urgence et qu'il fallait éviter les attroupements. J'avais 300 élèves qui fumaient devant mon lycée. Imaginez qu'un véhicule se précipite sur eux ? Ma cour étant aérée, comptant plusieurs hectares, j'estimais que j'avais les conditions pour créer cette zone.

Je n'étais pas le seul. Beaucoup de chefs d'établissement ont créé ces zones fumeurs. A l'époque, il y avait un flou des autorités, qui nous demandaient de prendre les mesures afin de garantir la sécurité des élèves de l'établissement.

" On attendait une parole forte "

Mon conseil d'administration a approuvé ma décision à l'unanimité. Ce sont des mesures que je suis autorité à prendre seul, au nom de la sécurité des biens et des personnes. Des associations antitabac ont attaqué les proviseurs. Sur la base de ces dépôts de plainte, des tribunaux se sont prononcés au début de l'année 2016 en invoquant la loi Evin. Les juges ont répété la loi : il ne faut pas fumer dans le cadre scolaire. Ils n'avaient pas tort.

Mais on attendait alors un soutien, ou un parole forte du Premier ministre ou du ministre de l'Education nationale. Mais, après la décision du tribunal administratif, Najat Vallaud-Belkacem a dit clairement qu'il ne fallait pas les faire fumer.

" Difficile d'appliquer deux consignes contradictoires "

Un certain nombre de chefs d'établissements ont enlevé la zone qu'ils avaient installé. Cela faisait à peu près 6 mois. D'autres ont choisi, après analyse, que c'était moins pire de la laisser pour préserver la sécurité. Il était difficile d'appliquer ces deux consignes en même temps: ne pas fumer dans l'enceinte du lycée, ne pas avoir d'attroupement devant.

Je vis sur le terrain. C'est impossible. J'ai 2.000 élèves. Entre deux maux, je choisis le moindre. Je pense que pour mes lycéens et mes étudiants, c'est mieux qu'il y ait une zone fumeur à l'intérieur, et qu'il n'y ait pas d'attroupement. Qu'on ne me dise pas qu'il n'y a aucun risque d'attentat.

" C'est un mythe de croire qu'il n'y aura pas d'attroupement "

Si je dirigeais un établissement parisien avec une toute petite cour, ce ne serait pas la même chose. C'est un mythe de croire qu'il n'y aura pas d'attroupement. On ne disperse pas des centaines d'élèves. Ou alors, il faut des mesures et un personnel incroyable.

Dans l'état d'urgence, le pouvoir politique doit prendre ses responsabilités. En fonction de la configuration de l'établissement, cela impliquait qu'on les fasses fumer d'un côté ou l'autre de la barrière. Quelle différence ? J'accueille favorablement la mesure de M. Blanquer. C'est une mesure de bon sens empreinte de réalisme et de pragmatisme, qui tient compte de la réalité, et que les situations diffèrent d'un établissement à l'autre.

" La préventions peut toucher les élèves quand ils sont dans l'enceinte "

Je dirige des lycées depuis un certain nombre d'années. Je n'ai jamais vu une association anti-tabac venir parler au élèves. Par contre, j'ai vu des dealers leur proposer de la marchandise. Les politiques de prévention peuvent être mieux conduites quand les lycéens sont dans l'enceinte plutôt que sur mon trottoir.

Je crains que le même scénario qu'en 2016 ne se répète. On va autoriser ces zones, des associations vont tout de suite nous ré-attaquer. Elles se précipitent dès qu'il y a un truc qui bouge. Elles sont sectaires et arc-boutés sur des principes.

" On prend des risques trop importants "

Il faut vivre dans la réalité. C'est très bien qu'on ne fume plus dans les restaurants, les trains, les établissements. Mais si c'est pour mettre des jeunes sur le trottoir, on prend des risques trop importants. Je ne cherche pas à encourager le tabagisme passif, ni les jeunes à fumer.

Certains représentants anti-tabac nous disent qu'il faudrait tout simplement interdire à nos élèves de fumer. Si c'était si simple... Ils iront fumer dans les WC comme il y a 40 ans. Je les invite à venir faire de la prévention dans mon établissement si elles le souhaite. Mais sinon c'est un peu hypocrite. La seule solution aurait été de les empêcher de sortir de 8h à 18h Personne n'aurait été d'accord."


Source : BFMTV
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